Henri Bourgeois, le géant des Monts Damnés

14 Avril 2015

De Sancerre à la Nouvelle-Zélande, la maison Henri Bourgeois s’est bâti, en dix générations, une réputation qui dépasse largement les frontières du vignoble ligérien. Elle déploie également une nouvelle offre oenotouristique. Présentation.

Chavignol, petite bourgade de belle réputation, d’abord pour ses crottins de biquettes mais aussi pour ses vins. Le hameau compte tout au plus 120 habitants, plus de la moitié vivant de la vigne, dont une quinzaine de producteurs. L’un des meilleurs panoramas sur la butte de Sancerre, a quelques lieux de là, et sur les toits chavignolais, s’admire en grimpant la Cote des Damnés, une colline de pierres calcaires et de marnes kiméridgiennes renfermant des millions de petits éclats d’huîtres fossilisés. La pente y est raide pour la vigne dont la terre ravine à la moindre pluie mais aussi pour le vigneron portant ses caissettes de raisins sur son dos au moment des vendanges ou le promeneur sous la chaleur de l’été. La maison Henri Bourgeois qui a ses caves, caveaux et installations en contrebas, vient de lancer une balade par les chemins des vignes, de Pâques à septembre (hors vendanges) avec pique-nique, chavignol oblige (ceux de l’excellente maison Blain) et demi-bouteille de sancerre dans la besace. L’idéal est de partir vers 10h. Les randonneurs emportent également une brochure racontant les vins et un plan de l’itinéraire de 1,7 à 3,4 km (avec ou sans la grimpette au demeurant fort accessible, vers la table d’orientation à 350 m d’altitude). Quelques panneaux expliquant le terroir, le village, les cépages émaillent le parcours. En redescendant dans le village, on peut faire escale au caveau pour goûter l’une des 12 références de Sancerre et 2 de Pouilly-Fumé, ou s’offrir une dégustation de vieux millésimes avec crottins dans la « cave a Pépé », pleine de charme et de vieux flacons entre les piliers en pierre.

Des Monts Damnés a Marlborough

Des Bourgeois, il y en a un peu partout à Chavignol ! Depuis 10 générations à faire du vin. Mais c’est surtout la huitième, Henri Bourgeois, qui a donné le nom à la maison de production-négoce de vins. Avant, la famille vivait surtout de polyculture et des chèvres. Dans les années 50, Henri Bourgeois ne possédait que 2,5 ha. Il vendait son vin en tonneaux et commençait à placer ses bouteilles consignées en faisant du porte à porte dans les bistrots parisiens. Ce découvreur de terroirs, grand observateur de la nature, avait
commencé a s’intéresser aux particularités des différentes parcelles de sauvignon (plus des trois quarts de l’encépagement au XXIème siècle) et de pinot noir (80% du vignoble avant phylloxera), à une époque où l’on assemblait tout dans la cuve. Il a été aussi le premier à rentrer la vendange par gravitation et à vinifier une cuvée en bois neuf. Ses fils, Raymond et Jean-Marie, ont acheté de nouvelles parcelles, 140 aujourd’hui sur 72 ha en propre, les 30 ha du domaine Laporte (dont 20 en bio), les 10 ha du domaine Fiou et une quarantaine en Nouvelle-Zélande achetés en 2001 et devenus le Clos Henri. Et Jean-Marie a commencé à parcourir le monde avec ses bouteilles d’abord en Belgique, en Angleterre puis aux Etats-Unis et en Asie. La passion du sauvignon et du pinot noir s’est transmise à la dixième génération. Lionel au vignoble, Arnaud à la communication et la coordination du domaine, Jean-Christophe comme maître de chai, Jean-Marc ayant préfère sévir non dans les vignes mais dans les cuisines de son hôtel-restaurant des Monts Damnés, prés de la place de l’orme qui a disparu.

Frédérique Hermine

Balade dans les Monts Damnés avec pique-nique : 16 €
Dégustation au caveau d’une douzaine de références : gratuit
Dégustation de vieux millésimes et crottins d Chavignol : 15 €
www.henribourgeois.com

Notre sélection

Sancerre des Monts Damnés 2013. Un superbe sauvignon racé très minéral aux arômes de pamplemousse et menthe fraiche. (19-20€)
Sancerre rouge La Bourgeoise 2012. Issu des vieilles vignes de Saint-Satur avec de jolis arômes de griottes et pruneaux. (24-29€)
Pouilly-Fumé La Demoiselle de Bourgeois 2012. Un vin issu de marnes kimméridgiennes tout en fraicheur à la fois floral et fumé, de belle longueur légèrement boisée. (23-27€)

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